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lundi 4 juillet 2011

T2-2011

Coup de coeur du deuxième trimestre avec un album sorti au début de l'année.
Il s'agit du premier album sans titre de James Blake :

Dès la pochette de l'album, le ton est mis.

Si la musique est un mélange de dub-step et de soul, c'est pourtant vers les climats froids de la cold wave que renvoie la musique de James Blake.

Concernant le chant, il fait parfois penser à Antony & The Johnsons avec une tonalité quasi gospel ou au moins connu Arthur Russell.

Une beauté sombre donc.

En extrait, une reprise de Feist, "Limit To Your Love" :

lundi 13 juin 2011

This is England : Manchester (2)

Lors du précédent message, il était question de la chanson pop immortalisée par Herman's Hermits, "No milk today", écrite par Graham Gouldman.

Ce dernier forme plusieurs groupes, entre 1963 et 1965, à Manchester, sans vraiment connaître de succès.
Par contre, il écrit pour différents groupes, et ses chansons, outre celle déjà citée, vont rencontrer un réel succès.
Notamment, la triplette de chansons écrite pour les Yardbirds en 1965 : "For your love", "Evil hearted you" et la géniale "Heart full of soul" :


En 1966, il écrit "Bus stop" pour The Hollies (autre groupe de Manchester) :


Il reprendra toutes ces chansons sur son album solo en 1968, tout en continuant à monter plusieurs groupes. Mais si Graham Gouldman est mondialement connu, c'est pour un des groupes qu'il a fondé au début des années 1970 : 10CC.

Pour beaucoup de monde, c'est le groupe d'une seule chanson, "I'm not in love" (1975) :


Pourtant le groupe savait manier l'humour (le nom du groupe désigne la quantité de sperme lors d'une éjaculation), la qualité de composition, pas très éloigné du groupe américain Steely Dan.

Stewart, Godley, Creme et Gouldman composent d'abord des chansons bubblegums qui va inspirer la variété de l'époque.
Exemple avec "Rubber bullets" (1973) :


Sur leur deuxième album, "Sheet Music" (1974), ils s'éloignent de la pop "simple" pour composer des chansons plus complexes. On parle alors de 10cc comme d'un groupe de Art Rock (?).
Extrait de l'album, "Wall street shuffle" :


L'année suivante, c'est l'énorme succès d'"I'm not in love" sur l'album "The Original Soundtrack".

En 1976, fin de la première période de 10cc avec l'album "How dare you!", illustré par "Art fort art's sake" :


Godley et Creme partent du groupe. Ils s'étaient intéressé aux illustrations des chansons du groupe. Ils mettront en image plusieurs chansons dans les années 1980, dont "Rock it" de Herbie Hancock ou "Don't give up" de Peter Gabriel et Kate Bush.

Stewart et Gouldman vont alors recruter de nouveaux memebres et sortir encore deux albums, "Deceptive Bends" (1977) et "Bloody Tourists" (1978) où ils vont s'essayer au reggae, avec "Dreadlock holiday" :


En 1979, Stewart a un accident de voiture assez important. C'est la fin du groupe, même si 10cc se reformera au cours des décennies suivantes.

samedi 28 mai 2011

RIP : GIL SCOTT-HERON (1949-2011)

Revenu l'année dernière avec un magnifique album, "I'm new here", après plusieurs années noires (prison, drogue, alcool...à, Gil Scott-Heron s'est donc éteint.
Figure importante du spoken word, mouvement à l'origine du rap, il écrivait des chansons foncièrement engagées.
C'est au début des années 70 qu'il commence à enregistrer des disques mélangeant le jazz, le funk et les rythmes africains, comme avec le morceau militant "The Revolution will not be televised" (1971) :


En 1975, il connait un vrai succès avec le funky "The bottle" :


Chanson d'actualité, "Me and the devil" (2010) :

dimanche 15 mai 2011

This is England : Manchester (1)

En remontant la Mersey, on arrive à Manchester où on risque de poser nos valises un long moment. Il faut le dire, Manchester est une ville mythique (musicalement parlant).

Agrandir le plan


Quatrième ville d'Angleterre avec 460 000 habitants, son agglomération est peuplée de plus de 2,5 millions d'habitants.
Elle doit son essor à l'industrie, notamment la production de textile et de filage de coton. Au XIXème siècle, elle est même surnommée Cottonopolis.
A partir des années 1970, comme beaucoup de villes du nord de l'Angleterre, elle connaît une forte desindustrialisation (avec un important chômage). Cependant, elle sera une des rares villes à se transformer, favorisant plutôt les services comme les banques ou les assurances. Pour autant, Manchester reste la ville la plus violente du pays.

C'est en 1963 que le groupe Herman's Hermits se forme à Manchester. Les cinq braves gars font alors dans la pop assez proche des Beatles.
Ils obtiennent leur premier hit avec la reprise "I'm Into Something Good" en 1964 :


En réalité, ce sera le seul en Grande-Bretagne. Cependant, ils vont connaitre au cours des trois années suivantes un relatif succès dans le monde.
D'abord aux Etats-Unis, avec "Mrs. Brown, You've Got a Lovely Daughter" (1965) :


Et, toujours la même année, avec "I'm Henry The VIII, I Am":


Sauf que le côté "gentils garçons" va très vite être ringardisé par les autres groupes anglais. Ainsi, la même année, les Beatles sortent quand même "Rubber Soul" autrement moins gnan-gnan, et ne parlons pas des Who avec "My generation"...

Mais c'est en 1966 qu'ils vont sortir leur hit, du moins français puisqu'il ne se classera que 7ème en Grande-Bretagne et encore moins bien aux USA : le fameux "No milk today" :


Ils continueront encore quelques années dans la même veine, mais finalement seront supplantés par un autre groupe de gentil garçon : The Bee Gees.

mercredi 4 mai 2011

This is England : Liverpool (4)

Dernière étape liverpuldienne. Il aurait pu être question de plusieurs groupes que j'apprécie : The Coral, Frankie Goes To Hollywood (au moins un album), The La's (euh... leur seul album), The Teardrop Explodes, The Lotus Eaters, The Icicle Works, les incontournables Beatles et Elvis Costello, et j'en oublie certainement.

Bref, il y avait de quoi faire. Finalement, le parcours de Ian Broudie est suffisamment intéressant pour couvrir l'histoire de la pop à Liverpool.

Il débute dans le "super-groupe" Big In Japan au moment du punk. Si le terme de "super-goupe" se justifie, ce n'est qu'à posteriori puisque plusieurs membres connaitront un succès avec leur groupe (The KLF, OMD, FGTH...). Ils ne sortiront que deux singles dont est extrait ce "Nothing special" (1978) :


Au cours des années 1980, il va se consacrer à la production. On le retrouve ainsi derrière les premiers albums d'Echo & The Bunnymen, le premier Pale Fountains, The Fall, The Icicle Works, mais également derrière ça :


En 1990, on le retrouve derrière The Lightning Seeds. Il obtiendra un bon succès avec la chanson issue de son premier album. Petite merveille pop.
"Pure" :


Fan de football (et en particulier de Liverpool), il participe à l'hymne officiel de l'équipe d'Angleterre pour l'Euro 96 et la Coupe du Monde 98, avec Three Lions qui est l'emblème de l'équipe. "Football's coming home" :


Il continue de produire notamment Terry Hall, Allison Moyet au cours des années 90, ou Texas dans les années 2000. C'est lui qui va produire les albums de The Coral, grand groupe de Liverpool.



Prochaine étape anglaise : la plus grande ville musicale d'Angleterre

mardi 26 avril 2011

R.I.P. : POLY STYRENE (1957-2011)

Quelques mois après la chanteuse des Slits, morte d'un cancer, POLY STYRENE a suivi le même chemin. Elle a commencé sa carrière au sein des furieux X-RAY SPEX.
 
Ils sortiront un premier album, "Germ Free Adolescents", en 1978 qui restera unique pendant plusieurs années et servira de modèle au mouvement rrriot girls américains des années 1990.




En extrait, "Oh Bondage! Up Yours!" :


Elle réalise un album solo en 1980, "Translucence" plus calme et musicalement assez varié. Cependant, cette britannico-somalienne va cesser toute activité musicale après qu'on l'ait diagnostiquée schizophrène (elle avait vu un rayon rose dans le ciel !). En réalité, elle découvrira plus tard qu'elle souffrait de bipolarité.
Au cours des années 90, elle reforme X-RAY SPEX mais un accident de la route stoppe son retour.

Elle avait prévu de sortir un nouvel album cette année.

dimanche 24 avril 2011

This is England : Liverpool (3)

L'histoire de THE BOO RADLEYS est celle d'un groupe formidable des années 1990 mais qui n'obtiendra aucun succès.


Le groupe se forme à la fin des années 80. Sice Rowbottom (chant/guitare), Martin Carr (guitare), Timothy Brown (basse) et Steve Hewitt (batterie) tirent le nom du groupe d'un personnage du roman "To Kill a Mockingbird" d'Harper Lee.

Les premières chansons du groupe sortent sur l'album "Ichabod and i" en 1990. Le manque de moyen a pour conséquence de rendre le son des guitares assez brouillonnes mais qui, dans le conteste du mouvement shoegaze alors à la mode en Grande-Bretagne, n'est pas un réel problème. Le chant est encore hésitant.

L'album ne restera pas dans les annales de l'histoire de la pop music. Certains morceaux intègreront la compilation "Learning to walk" comme le morceau "Kaleidoscope":


Ils signent sur le label Creation, Hewitt s'en va et est remplacé par Rob Cieka.

Malgré les déboires financiers du label causés par le gouffre économique de la production de l'album "Loveless" de My Bloody Valentine, ils se font remarquer de la presse par un accent plus psychédélique apporté à leur noisy-pop. Les guitares sont toujours aussi saturées mais le chant prend de l'assurance et on commence à entendre des mélodies.
En 1992, "Everything's Alright Forever" est très bien reçu et se classe parmi les meilleurs albums de l'année.
En extrait, "Does This Hurt?" :


Le groupe va réaliser l'année suivante son chef d'oeuvre (à l'époque on parlait de leur "Sergent Peppers"). Le groupe continue de s'intéresser au mouvement psychédélique et à l'image des Beatles, des Beach Boys mais également des moins connus Zombies ou Left Banke, vont rajouter des arrangements de cordes à leur musique.
"Giant Steps", en hommage à l'album de John Coltrane, part peut être dans tous les sens mais il se caractérise surtout par une envie de découvrir de nouveaux horizons musicaux sans se limiter.
A l'image du single "Lazarus", ils n'hésitent pas à passer du dub à la pop symphonique :


L'album suivant, "Wake Up!" (1995) marque un changement de direction puisque le groupe décide de sortir un album pop plus simple, moins alambiqué. Du reste, il sera aussi celui des premiers succès commerciaux, du moins en Grande-Bretagne.
En extrait, "Wake up, Boo!" :


Surpris par ce succès, ils décident d'enchainer avec un album plus difficile "C'mon kids" (1996) où les morceaux n'ont pas l'immédiateté du précédent album. Les nouveaux fans du groupe furent déçus, cependant, l'album est d'un très bon niveau avec des compositions assez riches. On peut même se demander si la première chanson de l'album n'est pas un petit pastiche de leur voisin de label, Oasis. En effet, Creation porte toute son attention vers les mancuniens délaissant les autres groupes du label.
En extrait, "What's in a box ?" :


En 1998, le groupe sort son sixième et dernier album "Kingsize". Le groupe est en manque total d'inspiration. L'album est assez moyen. Le chanteur décide alors de jeter l'éponge. Le groupe se sépare.

Comme les Beatles, le groupe aura duré 8 ans avec l'envie de réaliser des chansons à la fois simples et travaillés. Malheureusement, le groupe n'a pas connu le succès qu'il méritait amplement.